
ONTARIO
(Dernière mise à jour: le 27 mars 2005)
Une nouvelle section s’est ajoutée à la Voyageur Trail l’été dernier entre la ville de Marathon et le Parc national de Pukaskwa. Le bulletin Voyageur Trail News de l’automne 2002 décrivait une traversée complète faite par Allison Norg et ses compagnons le 20 juillet pour célébrer son ouverture officielle. Inspiré par ce récit, je décidai d’explorer ce sentier moi-même, me trouvant en vacances sur la rive nord du lac Supérieur cette année au début de mai. J’ai passé une journée le long de la section sud du sentier qui débute à la rivière Pic. J’ai aussi passé une matinée dans la section centrale près de la baie Heron.
Après mon incursion sur le sentier, je suis pleine d’admiration pour tous ceux qui l’ont parcouru au complet en une seule journée. Mes vieux os de l’âge moyen ne sauraient supporter ces 25 km en 12 heures sur un relief aussi accidenté! Le sentier, tout récent, ne procure pas la sensation de facilité et d’usure qui vient avec le temps et les multiples passages des bottes des randonneurs. Les balises familières avec le symbole d’un randonneur n’avaient pas encore été posées, le chemin étant indiqué avec du ruban de plastique rose, qui s’était détaché des arbres en quelques endroits. Je devais donc prendre davantage de temps et faire preuve de vigilance pour ne pas perdre mon chemin.
Malgré ces inconvénients mineurs, ce fut un des meilleurs moments de mes vacances. Ce sentier possède une foule d’attraits intéressants—une plage impressionnante avec de grandes dunes de sable, plusieurs petites baies parsemées de bois flotté, de jolis lacs et des ruisseaux pétillants, des vallées forestières et des sentiers couverts de mousse, des régions montagneuses rocheuses et arides, des escarpements que l’on grimpe à travers des pentes d’éboulis, et plusieurs vues magnifiques. Les campeurs de Hattie Cove ont facilement accès à ce beau sentier, et aussi à d’autres, plus courts, qui sillonnent le camping. Je vous le recommande de tout coeur, et c’est pourquoi j’ai joint à ma description les distances approximatives et les durées de parcours, à l’intention de tous ceux qui aiment le défi d’une courte randonnée pleine de rebondissements, faite d’un heureux mélange de paysages, d’opportunités photographiques et d’au moins un endroit pour un pique-nique agréable.
À environ 7 km à l’est de Marathon, quittez l’autoroute 17 et prenez la route 627. Poursuivez sur cette route pour 12 km jusqu’à la ville de Heron Bay, en direction du Parc national de Pukaskwa. Juste avant le pont de la rivière Pic, tournez à droite sur une route de terre qui est parallèle à la rivière. Stationnez sur le côté de cette route dans le tournant vers la droite, à environ 200 m passé l’intersection avec la 627.
Première section, rivière Pic (½
km, 5-10 minutes). Du
stationnement le long du chemin, suivre le sentier le long de la rivière. La
première chose que l’on remarque est la présence de gros rondins –
reliquats de l’histoire de l’occupation humaine du lieu—qui témoignent
des coupes de bois de la fin du XIXe et début XXe siècles, lorsque les forêts
de la région fournissaient des arbres d’un mètre et plus de diamètre ! La
rivière Pic était un axe majeur de transport pour le bois coupé dans les
terres. Les billots sont maintenant transportés par la route ou le rail. Le
nom de la rivière Pic dérive probablement du mot ojibway pekatek, qui
signifie boueux, ce que confirme rapidement un regard rapide sur la rivière !
Seconde section, la plage (1½
km, 30-40 minutes). À
l’embouchure
de la rivière avec le lac Supérieur, où les sédiments déversés colorent
l’eau en brun, une plage magnifique s’étend sur plus d’un kilomètre le
long de la rive. Derrière la plage se trouve aussi un ensemble impressionnant
de dunes de sable, le plus grand sur la rive nord du lac Supérieur. D’une
grande fragilité, étant maintenues par le bois flotté et quelques herbes
robustes, les dunes sont en mouvement constant, progressant graduellement vers
l’intérieur des terres et enterrant ainsi les épinettes. Des humains ont
habité ce site depuis 2000 ans. La rivière Pic a été un passage essentiel
vers l’arrière-pays, et a permis aux habitants l’accès à des voies
d’eau allant aussi loin que la baie James. Après des siècles
d’occupation indigène, les Européens prirent possession du site, d’abord
comme poste de traite puis comme camp de bûcherons. Aujourd’hui, il a
retrouvé ses racines premières, les quelques bâtiments à l’embouchure de
la rivière Pic appartenant à la réserve indienne Pic River située tout près.
Suivez la plage jusqu’à son extrémité nord-ouest, où commencent les
balises de la Voyageur Trail.
Troisième section :
de la plage à Channel Island. (1 km, 30-40 minutes).
Il n’y a qu’un kilomètre à vol d’oiseau du bout de la plage à l’île
Channel. Mais les randonneurs, malheureusement à ce qu’il semble, ne sont
pas des oiseaux, et cette section est particulièrement ardue; on peut prendre
plus qu’une demi-heure à la parcourir. Le sentier monte et descend des
ravins escarpés, ondule parmi des rochers couverts de mousse, nous fait trébucher
sur les racines tordues des cèdres, serpente autour de gros morceaux d’éboulis
tombés des falaises, puis émerge soudainement dans une clairière. Sur les
cartes de la Série nationale de référence topographique (SNRC), ce qui se
présente à l’horizon ici est appelé «Channel Island». Or, la carte
actuelle a été publiée en 1979, et est basée sur une reconnaissance aérienne
effectuée en 1976. Il semblerait que même le rythme de progression
absolument glaciaire de la géologie va plus vite que les mises à jour des
cartes topo canadiennes. Au cours du dernier quart de siècle, des dépôts
provenant de la rivière Pic ont créé un tombolo de sable et de bois de
plage (un tombolo étant un cordon littoral sableux construit par la mer entre
une île et la côte) qui lie fermement l’île et la terre ferme.
Quatrième section :
de l’île Channel aux trois petits lacs intérieurs (1½ km, 40-50 minutes).
Le sentier suit ce qui était jadis la rive du lac et tourne ensuite vers la
droite sur un delta plat et sablonneux à travers lequel coule en méandres un
petit ruisseau. Ce ruisseau draine trois petits lacs intérieurs, que le
sentier permet d’atteindre dans son tracé vers le nord. Le premier de ces
petits lacs est à quelques mètres en remontant le courant à la droite de
l’emplacement du delta. Pour atteindre le second lac, le sentier grimpe péniblement
une crevasse dans une falaise sur le côté nord du delta et traverse une région
montagneuse dénudée et rocheuse où des cairns marquent le chemin. Il
contourne l’extrémité ouest du second lac, et gravit plusieurs autres
affleurements rocheux et dépressions moussues avant d’arriver au troisième
petit lac. Une piste d’animaux achalandée conduit à 10 mètres du sentier
à une charmante saillie rocheuse au bout de ce lac, offrant un parfait lieu
pour le pique-nique ou encore l’occasion du retour si on est assez las pour
ne pas vouloir continuer.
Cinquième section : Des trois petits lacs intérieurs
à la baie vaseuse. (¾ km, 20-30
minutes).
Du troisième lac intérieur, le sentier grimpe sur une hauteur parsemée de
rares arbres qui donne un aperçu sur le lac Supérieur et descend ensuite à
travers une zone boisée vers une baie boueuse et peu profonde, entourée
d’une rive herbeuse. Une minuscule île rocheuse voile en partie l’entrée
vers cette baie, et les rochers arrondis sur sa rive est constituent un autre
lieu pour pique-niquer ou pour choisir de retourner sur ses pas; il suffit de
marcher le long du rivage autour de la baie pour y parvenir.
Sixième section : De la baie vaseuse à l’anse
Prospect (1½ km, 50-60 minutes).
Un joli ruisseau se jette dans la baie vaseuse. Le sentier le remonte vers une
vallée escarpée, puis prend sur un escarpement sur la gauche. Le parcours
devient plus aisé sur le sommet, le sentier redescendant graduellement au
niveau du lac, arrivant finalement à la baie Prospect. Attention ici pour ne
pas être distrait par le panorama et perdre le sentier de vue, qui trotte
vers l’intérieur et toujours au-dessus des collines pour éviter les
escarpements le long du rivage. Une piste d’animaux apparaît soudainement;
elle semble une bien meilleure voie à suivre, mais elle ondule de manière
dangereusement le long des falaises couvertes de mousse. Par expérience, je
sais qu’il vaut mieux éviter un tel raccourci! Le sentier descend ensuite
vers la baie Prospect pour retrouver encore une petite baie avec un autre joli
ruisseau. Une langue rocheuse lisse glisse dans l’eau. Une inspection plus
attentive révèle la présence de crochets rouillés dans le roc—des
ancrages pour les barrages de billots de bois qui étaient jadis attachés au
rivage. Voilà ici l’endroit désigné pour un pique-nique et pour faire
demi-tour à la fin de cette randonnée d’un jour. (À partir de la baie
Prospect, le sentier s’enfonce de nouveau dans l’intérieur des terres
pour plusieurs kilomètres sur un promontoire avant d’arriver à la baie
Heron, ce qui représente quand même moins que la moitié de la longueur
totale du nouveau sentier à son terminus de Penn Lake à Marathon!).
Septième
section : Retour à la maison (environ 7 km à vol d’oiseau ou de 3 à
3 ½ h pour le randonneur). Revenez
par la même route et profitez de la nouvelle perspective sur le panorama. Après
une journée de grimpe et de descente sur un terrain difficile, quelle joie de
terminer par une déambulation agréable le long de la plage!
Carte topographique : SNRC #42 D/9 Marathon. Disponible chez les détaillants de cartes, et aussi sur Internet, chez Federal Maps Inc. au www.fedmaps.com
Parc national de Pukaskwa: Hattie Cove, Heron Bay, Ontario P0T 1R0, (807) 229-0801 www.parkscanada.gc.ca
Les Amis de Pukaskwa: P.O. Box 1840, Marathon, Ontario P0T 2E0, (807) 229-0801, ext. 233 www.friendsofpnp.ca
Ville de Marathon: 1-888-545-8111 www.town.marathon.on.ca